Chasser le pneu

Non, il ne s’agit pas d’une chasse au trésor mais plutôt d’une quête aux vieux pneus usagés qui créent bien de détresse pour la habitants des monts lyonnais.
Explications.

Vous l’avez sûrement déjà vu, ce talus dans le champ, ou en bord de route, recouvert d’une bâche maintenue par des pneus disposés ici et là afin de maintenir le tout en place.

À toute fin utile, cette habitude du monde agricole a servi pendant un temps la filière de revalorisation des pneus usagés. Mais cela finalement revenait à reculer pour mieux sauter, car il faut bien tout ou tard disposer de ces quelques 130 000 pneus dénombrés sur le bassin du Simoly.

Autre problématique, l’impact négatif sur le tourisme dans cette région du Rhône pourtant si prisée des amateurs de nature et de pittoresque. En effet, visuellement, il y a mieux pour la petite famille qui a parcouru de nombreux kilomètres, quittant le béton de la cité pour s’aérer, que des pneus « traînant » dans les grands espaces.

Ainsi, une convention signée entre le Simoly (Syndicat Intercommunal des Monts du Lyonnais ) et la Chambre d’agriculture du Rhône permettra le financement de cette opération massive de collectes.  Car on le sait, recycler des pneus ça coûte. D’ailleurs, aujourd’hui, l’agriculteur qui veut faire récupérer ses vieux pneus par un recycleur doit payer de sa poche un entrepreneur privé pour le ramassage, ce qui explique en partie le phénomène de ces silos à ensilage.

Grâce à cet accord, 30 % seraient pris en charge par le Simoly, 30 % par la Région et le reste seulement incomberait aux agriculteurs. Une nouvelle saluée de tous, pour une opération de ramassage unique qui aura lieu à la rentrée.
On en saura alors davantage sur la quantité exacte de pneus à recycler car le chiffre avancé de 130 000 date de 2 ans déjà.

Notons que cette initiative n’est pas la première, citons par exemple le cas des agriculteurs du Luxembourg, qui ont vu plus de 59 000 de leurs pneus revalorisés, soit 420 tonnes de gomme qui ne polluent plus le paysage rural. Autre avantage, la simplification du processus.
Jean-François Adam, un agriculteur d’Udange, explique : « Cela faisait plus de trente ans que j’utilisais la technique des pneus de silos. Nous confectionnons des silos lorsque nous fauchons l’herbe ou récoltons le maïs par exemple. Nous disposons notre récolte sur une dalle en béton et nous recouvrons le tout d’un plastique ou d’une bâche sur lequel nous disposons de pneus pour rendre cela hermétique. J’ai un silo qui fait 450 mètres et cela équivalait à 700 pneus que je devais enlever et remettre quatre à cinq fois par an. C’était éprouvant et pas très esthétique. »

Espérons ainsi que les communes des cantons de Chazelles sur Lyon, de Saint Laurent de Chamousset et de Saint Symphorien sur Coise retrouvent leur beauté originale !

Source : le-pays.fr | credit image : le soir.be